Zoologie du voyage du H.M.S. Beagle, deuxième partie : Mammifères

Couverture: 
Axe 2 : Exclusions, minorités, marginalités
Auteur: 
M. Prum et P. Tort (coord.)
Année de publication: 
2014

Au retour de son célèbre voyage, qui a duré près de cinq ans (27 décembre 1831-2 octobre 1836), à bord du « Beagle », Charles Darwin, tout en préparant la publication de son « Journal », classe ses spécimens d’animaux vivants naturalisés ainsi que ses échantillons fossiles, et en confie l’identification et la description savante à plusieurs spécialistes : les Mammifères actuels sont attribués à George Robert Waterhouse, les Oiseaux à John Gould, les Poissons à Leonard Jenyns, les Reptiles à Thomas Bell.
C’est à Richard Owen (1804-1892) qu’incombe la charge délicate d’expertiser les vestiges fossiles des grands Mammifères, pour la plupart argentins, dont Darwin a exhumé les fragments durant son exploration des côtes de l’Amérique du Sud. Les dix-neuf fascicules qui composent la « Zoologie du voyage du H.M.S. Beagle » paraîtront de février 1838 à octobre 1843.
Or Darwin est intimement convaincu, depuis le début du printemps de 1837, que les espèces ne sont pas fixes, et entame à partir du mois de juillet de cette même année une recherche secrète visant à le démontrer. Aucun de ses collaborateurs d’alors ne saura qu’il contribue à sa manière à cette démonstration, et Owen moins que tout autre, qui combattra à partir de 1860, avec une âpreté jalouse et parfois sournoise, la théorie exposée dans « L’Origine des espèces ».
Dans sa préface, Patrick Tort montre comment, dès les premiers résultats publiés de cette entreprise, et en dépit du respect imposé des convictions académiques, la paléontologie commence à servir de champ d’illustration dans la recherche des « preuves du transformisme »