Axe 3 : Genre

Co-responsables de l'axe 3 : Didier Lett (PR)

Participants à l'axe 3 :

Membres titulaires  : Anaïs ALBERT, Florence BINARD Laurent DEDRYVERE, Didier LETT,

Membres associés : Suzan CLAYTON, Raquel De BARROSAlice de RENSIS, Anne-Emmanuelle DEMARTINI, Catherine DESCHAMPS, Isabelle ERNOT, Déborah GUTERMANNMarie-Claire HOOCK-DEMARLE, Elodie JAUNEAU, Amandine MALIVINManuela MARTINI, Joana Maria PEDRO,Delphine PIETU, Françoise THEBAUD.

Doctorants : Rajaofera Beby Alyette ANDRIZAMASINALIVAONinon DUBOURGMarie-Lise FIEYREJulie MARQUETIvan Olaya, Unujargal PAGMAJAV, Elena SMIRNOVA.

Présentation

L’Axe Genre du Laboratoire réunit des enseignant.e.s-chercheur.e.s, chercheur.e.s et des doctorant.e.s qui intègrent dans leurs travaux des problématiques liées à l’histoire des femmes et du genre, champ qui s’est considérablement développé depuis les années 1970. Cet axe est né de l’action déterminante de Michelle Perrot qui a notamment crée en 1973 (avec Pauline Schmitt-Pantel et Fabienne Bock) le premier séminaire universitaire d’histoire des femmes en France dans le département d’histoire de Paris 7. Depuis son départ à la retraite, un poste de MC profilé en « Histoire des femmes, XIXe-XXe s. » a été créé en 1994, ainsi que, en 1996, un premier Groupe de Recherches en Histoire des Femmes (GREHF) qui n’a cessé depuis d’être un pôle d'encadrement pour les étudiant.e.s travaillant en histoire des femmes et du genre, tout en contribuant à développer ce champs de recherches par un enseignement spécialisé ou intégré à d’autres thématiques.

Le terme anglais de gender a longtemps été préféré au français. Mais depuis le début du XXIe siècle, le mot genre s’est rapidement imposé et devient désormais dans l’ensemble des sciences sociales et humaines d’un emploi très courant, voire banal. Il présente aujourd’hui une telle multiplicité d’usages que son emploi ne préjuge jamais de prises de positions théoriques cohérentes qui seraient communes à tous ses utilisatrices et utilisateurs. On peut ainsi étudier les femmes, ou les relations entre les hommes et les femmes, ou encore le phénomène plus global de la domination masculine, ou celui des dominations entre les sexes, et situer légitimement sa recherche dans le domaine des études de genre.

Le type d’approche proposé dans notre axe, même si il est historiquement lié à l’histoire des femmes, ne se confond pas avec elle. Il se démarque également de la vision culturaliste du « tournant linguistique » (linguistic turn), du post-modernisme ou de la French Theory qui ont eu tendance à faire voler en éclat la cohérence du social, à démontrer que l’historien.n.e ne pouvait pas avoir accès à autre chose qu’à un discours et qui a souvent proposé des formes d’essentialisme et de déterminisme de genre. Notre démarche privilégie l’utilisation du concept de genre comme moyen supplémentaire de lire le social en ayant soin de l’articuler à d’autres catégories (âge, statut social, profession, position dans la parenté, etc.). Le genre représente pour nous un autre moyen de participer à l’élaboration d’une histoire des différences sociales. Il est un critère de distinction parmi d’autres, aux côtés d’autres types de relations socioculturelles. La force heuristique du genre est aussi de montrer que la césure entre les sexes n’est pas toujours la seule ou la plus opérante qui organise les rapports sociaux et qui attribue une place à chaque individu dans la société.

Le fait de considérer le genre dans le long terme, comme incite à le faire notre axe qui réunit des collègues et des doctorant.e.s travaillant sur des périodes et des aires géographiques très diverses, oblige à s’interroger sur la plus ou moins grande pertinence de l’opposition entre les sexes. L’opposition entre deux sexes pensés comme complémentaires au sein d’une polarité bien identifiée (et qui serait structurante à la fois pour la société entière et pour chacun des individus dans leur totalité somatique et psychique) est une perception très moderne. Elle correspond à un terme, le sexe, qui englobe les deux côtés de cette polarité. Or rien ne dit que cette polarité constitue la grille d’analyse la plus pertinente lorsque l’on travaille sur les sociétés pré-modernes et contemporaines occidentales. Des travaux aussi importants que ceux de Judith Butler, Anne Fausto-Sterling ou Thomas Laqueur, parmi beaucoup d’autres, nous obligent à penser la différence des sexes comme une construction historique dont il importe de repérer les césures et les formes. Par ailleurs, les travaux des anthropologues et des ethnologues nous ont depuis longtemps éclairés sur des sociétés qui ne pensent pas l’agencement du sexe et du genre de la même façon qu’en Occident.

Nous proposons donc des questions simples en apparence mais souvent complexes à résoudre : quels moyens les sociétés au cours de l’histoire ont-elles mis en œuvre pour opérer une différenciation des caractéristiques corporelles ? Que signifient, à chaque époque, être homme et être femme ? Le masculin ou le féminin ? Quelles sont, dans tel ou tel contexte, les normes sociales (les assignations, les injonctions) que les hommes et les femmes doivent intérioriser en tant qu’hommes et en tant que femmes ? Travailler avec l’outil conceptuel genre en histoire c’est également étudier la manière dont les sociétés passées ont investi la différence des sexes. Depuis quand et dans quelles circonstances, le fait d’être fille ou garçon est-il un critère de distinction sociale prédominant ? Peut-on dire que la césure des sexes a toujours été organisatrice des rapports sociaux ? Dans quelle mesure la différence sexuelle organisait-elle les sociétés en deux ensembles homogènes et nettement distingués ?

Les thématiques privilégiées, mais non exclusives, recouvrent les identités de sexe, les sexualités, le corps, la famille et la parenté, les âges de la vie ou encore les sensibilités. Les recherches s’appuient sur tous les supports de documentation disponibles, archives manuscrites (chroniques ; actes notariés ; archives privées, sources judiciaires, médicales, militaires, etc.), imprimés, presse, images (enluminures, peinture, lithographie, photographie, télévision, cinéma).

Projets et enquêtes

L’axe Genre du laboratoire ICT entretient des contacts privilégiés avec les historien.n.e.s spécialistes des problématiques de genre des autres laboratoires de l’UFR GHSS (SEDET et ANHIMA) et, soucieux de nourrir une réflexion transdisciplinaire, met en œuvre des partenariats avec des collègues d’autres disciplines, notamment en études anglophones (LARCA/UFR Études anglophones Charles V) et en littérature (CERILLAC/UFR LAC). Au sein du PRES Sorbonne Paris Cité, ces partenariats concernent l’équipe pluridisciplinaire PRESAGE (Programme de Recherche et d’Enseignement des Savoirs sur le Genre ; OFCE/Sciences Po) et en sociologie le CERLIS (Centre de Recherche sur les Liens Sociaux, université Paris Descartes).

En novembre 2012, Gabrielle Houbre a participé au rapport sur les Orientations stratégiques pour les enquêtes sur le Genre, auprès du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (document accessible ici).

Manifestations récentes

- Atelier des doctorant-es en histoire contemporaine dans le cadre de l’axe Genre du laboratoire ICT, le 24 mars 2010 à Paris Diderot-Paris 7.

- Colloque « Femmes médiatrices et ambivalentes, mythes et imaginaire », INHA,  3-4 juin 2010, avec ANHIMA/Paris I-Paris Diderot

- Conférence de Taslima Nasreen (« My combat for women's equality ») suivie d’une table ronde, le 30 novembre 2011 à Paris Diderot-Paris 7, avec le Pôle Égalité Femmes/Hommes/UPD

- Journée de Mnémosyne sur les revues d’histoire des femmes et du genre au Royaume-Uni, Collège Franco-britannique/Cité Internationale (28 janvier 2012), avec le LARCA/Études anglophones Paris Diderot

- Double colloque international : « Frères et sœurs du Moyen Âge à nos jours/ Brothers and sisters (Middle Ages - XXth cent.) », Rennes 1er-2 décembre 2011- Toulouse 22-23 mars 2012, organisé par le CERHIO (UMR 6258 Rennes 2) et le FRAMESPA (UMR 5136 Toulouse Le Mirail)

Publications récentes
activités scientifiques d'Aurélie Godet
Axe3[2] « La féminisation de la politique aux États-Unis », Politique américaine 27, avril 2016
Articles dans des revues scientifiques à comité de lecture
Axe3[2] « ‘Mme Smith au Sénat’ : l’influence des femmes à la Chambre haute du Congrès », Politique américaine 27, avril 2016, pp. 33-61. Numéro spécial « La féminisation de la politique aux États-Unis ».
 

- Femmes médiatrices et ambivalentes, mythes et imaginaire, dir. Anna Caiozzo et N. Ernoult, (à paraître)

- Deborah Gutermann-Jacquet, Les Équivoques du genre. Devenir homme et femme à l'âge romantique, Rennes, PU Rennes, coll. « Histoire », 2012.

- Liens familiaux. Clio, Histoire, Femmes et sociétés, dir. Didier Lett, Agnès Fine et Christiane Kapisch-Zuber, 34/2011.

- La Fabrique du corps humain, la machine modèle du vivant, A. Caiozzo, V. Adam (éd.), Grenoble, Presses de la MSH, 2010.

- Éternelles coupables. Les femmes criminelles de l’Antiquité à nos jours, dir. Myriam Tsikounas, avec Frédéric Chauvaud, Anne-Emmanuelle Demartini, Annie Duprat, Claude Gauvard, Pauline Schmitt-Pantel, Bertrand Tillier, Paris, Autrement, 2008.

- Monstre et imaginaire social, dir. et introduction Anna Caiozzo et Anne-Emmanuelle Demartini, Paris, Créaphis, 2008.

Activités d’accueil

Thèses soutenues

- Audrey Bellec, « Les parisiennes en 1939-1940, de l’évacuation à l’exode : un quotidien inédit », thèse soutenue en novembre 2008 sous la dir. de Gabrielle Houbre, avec allocation doctorale de l’IEC (Institut Émilie du Châtelet)

- Deborah Gutermann : « Genre et Romantisme. La genèse culturelle des identités sexuées dans le premier XIXe siècle », thèse soutenue en juin 2010, avec allocation doctorale de l’IEC (Institut Émilie du Châtelet)

- Élodie Jauneau, « Quand les femmes deviennent soldats. France 1938-1962 », thèse soutenue le 14 novembre 2011, avec allocation doctorale de l’IEC (Institut Émilie du Châtelet)

HDR soutenue

- Martine Clouzot, HDR soutenue à Paris 7 le Paris, soutenue  le 26 novembre 2011, intitulée « Musique en images. Typologies, figurations et modèles dans les manuscrits enluminés du XIIIe au XVe siècle »,  sous la dir. de Didier Lett

Accueil de post-doctorants

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Séminaires 

Genre et sociétés, XIXe-XXIe siècles (Gabrielle Houbre)

Doctorat et Master 2, 2016-2017 - Didier LETT
Histoire médiévale, Paris-Diderot (Paris 7)
Salle 1013, Bâtiment Sophie-Germain
Métro Bibliothèque-François-Mitterrand - Lundi de 16 h à 18 h
Famille, parenté et genre au Moyen Âge
(XIIe-XVe siècle)
ci-joint le programme et date des séances du séminaire: /sites/default/files/Programme%202016-2017_0.pdf

Pratiques et représentations sociales et culturelles (France, XIXe-XXIe siècles) (Gabrielle Houbre)

Histoire comparée des savoirs, croyances et représentations au Moyen Âge (Orient et Occident) : corps et identité (A. Caiozzo, D. Lett, M. Van Der Lugt)

Il faut aussi signaler, à l’initiative d’Elodie Jauneau (docteure d’ICT), la liste de discussion « Genre & Guerre », qui a pour but de mettre en réseau pluridisciplinaire de jeunes chercheur-se-s ayant ces centres d'intérêt en commun (http://fr.groups.yahoo.com/group/genreguerre/).


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