Axe 2 : Exclusions, minorités, marginalités

Co-responsables de l’axe 2 : Florence Binard (MTC-HDR)

Participants à l’axe 2 :

Membres titulaires  :Florence BINARD, Anna CAIOZZO, Laurent DEDRYVERE, Patrick FARGES, Indravati FELICITE, Aurélie GODET, , Marine LE PULOCH, Didier LETTMarie-Anick MATTIOLI, Cécile PERROTMichel PRUM, Simon TAYLOR, Maaike VAN DER LUGT.

Membres associés : Aïssata BAEvelyne BARANSKA, Anne-Marie BERNON-GERTHClaude CARPENTIERBaptiste COLIN, Liliane CRIPS, Anne-Emmanuelle DEMARTINI, Delphine DAVID,Florence GAUTHIER, Alexandrine GUYARD NEDELEC, Benjamin JUNG, Cathy KUDLICK, Yvette LÉON-AUBERT, Manuela MARTINI, Nicole GABRIELLE,  Molly O’BRIEN-CASTRO, Martine PIQUET, Delphine PIETU, Thierry PASTORELLO, André GUESLIN,  Anne QUINCHON-CAUDAL, Tidiane SALL, Henri-Jacque STIKER, Mingming SU, Lijuan WANG.

Doctorants  Nargès BARDI,Shannon DELORME, Ninon DUBOURG, Jean-Paul MARTINOT, Julie MARQUET, Micha-Louisa METTOUCHI,   Thuc Anh NGUYEN, Ivan Olaya, Unujargal PAGMAJAV,   Florence RINKER, Maria SANTONJA, Sabine SARAIVAClémence VALIN

Présentation

L’axe 2 englobe les problématiques liées à la ségrégation et à la domination sociale et politique sur la longue durée. Ces perspectives peuvent être considérées du point de vue de l’exclusion sociale et de la marginalité et par les dimensions de racisme et d’eugénisme débouchant sur les questions de stigmatisation. Il s’agit de questions fondamentales en histoire, portant aussi bien sur les groupes sociaux et les catégories (A. Gueslin, D. Kalifa dir., Les exclus en Europe, 1830-1940, Paris, 1999 ; Michel Prum, La Fabrique de la race, Paris, 2007) que sur les itinéraires d’individus anonymes dont l’histoire a gardé peu de traces. La thématique rejoint directement des préoccupations actuelles – vulnérabilité sociale, conflits inter-ethniques, représentations de l’altérité.

Les chercheurs appartenant à cet axe travaillent dans deux directions qui s’irriguent mutuellement, histoire de l’exclusion sociale et de la marginalité, et biologisation des rapports sociaux (racisme, eugénisme, sexisme, handicap).

Etudiée depuis une trentaine d’année à l’université Paris Diderot, la notion d’exclusion interpelle les chercheurs en sciences humaines. Elle est restée longtemps un concept flou qu’on a pu qualifier de concept-valise. Confrontée aux réalités de l’histoire sociale et culturelle, l’exclusion peut revêtir cependant deux définitions : au plan dynamique, elle indique un processus de sortie, de mise au-dehors du monde intégré ; au plan statique, elle définit l’aboutissement de ce processus de sortie. Alors que les marginaux se situent en périphérie de « l’en-groupe », les exclus ont franchi la frontière protégeant l'en-groupe pour se situer dans « l’hors-groupe » aux relations sociales altérées, sinon rompues.

Les chercheurs de cette thématique se préoccupent tant de l’histoire des figures d’exclusion que des mécanismes qui la déclenchent en histoire comme dans le champ disciplinaire des études de civilisation. En histoire, l’analyse de la grande pauvreté permet de mettre à jour les blocages de l’insertion sociale – un défi dans la mesure où les plus pauvres sont des populations sans voix. La thèse dominante est de démontrer que les plus pauvres sont des populations en marge, mais aussi pour la plupart des populations exclues. Ils le sont par leur condition sociale intrinsèque, mais encore dans l’Histoire par une véritable politique d’exclusion à leur égard, tant de nature judiciaire que médicale. D’autres types de marginaux intéressent aussi les chercheurs de cette thématique. Ainsi la construction des figures de l’infamie criminelle qui permet d’approcher les strates de représentations et les imaginaires sociaux qui façonnent les discours sur l’altérité criminelle. Egalement, l’étude des figures du monstre comme constructions sociales et culturelles, sources de rejet ou d’intégration porte tant sur les diverses formes de la monstruosité physique et du handicap, que sur les représentations de la monstruosité morale, posant la question de la naturalisation/biologisation des phénomènes sociaux, et des liens entre tératologie et criminologie.

En lien, une deuxième thématique, « biologisation des rapports sociaux » s’intéresse en particulier à la question de la « race », du handicap, voire du genre (comment à partir du corps biologique sont construits des rapports sociaux de domination, d’exclusion) dans son acception anglo-saxonne. La « race » doit être comprise non comme une catégorie taxinomique biologique, mais comme une construction sociale historique. Parler de la « race », c’est parler de « l’invention de la race », de l’instrumentalisation de ce concept à des fins de hiérarchisation et d’oppression. Les chercheurs se proposent d’étudier les discours et les pratiques d’exclusion, de ségrégation et de domination dont le corps humain est le point d’ancrage. Cette problématique fédère les travaux sur le racisme et l’eugénisme, sur lequel travaille le GRER (Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme, fondé à Paris Diderot en 1998 et attaché au laboratoire ICT). Cette problématique englobe les recherches sur l’ethnicité, et en particulier l’étude des minorités ethniques. Mais elle peut aussi inclure une réflexion sur la bioéthique et rejoindre les travaux sur le darwinisme et l’évolution. Enfin les discriminations sont aujourd’hui de plus en plus étudiées sous l’angle des discriminations croisées et de ce que l’on appelle « l’intersectionnalité », association de l’ethnicité, du genre, de l’orientation sexuelle, du handicap, etc. Le handicap s’inscrit naturellement dans cette problématique d’exclusion au nom du corps.

Projets et enquêtes

            Le Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme prépare un colloque international pour les 29, 30 et 31 octobre 2012 au Lesotho, en collaboration avec l’École Normale Supérieure de Cachan et l’Université Nationale du Lesotho, avec le soutien de l’Alliance française du Lesotho, sur « Missions et colonialisme », à l’occasion du bicentenaire de la naissance d’Eugène Casalis (1812). L’enjeu est d’étudier les rapports entre religion et colonisation d’une part, entre religion et race d’autre part.

L’axe 2 a mis en place un groupe de réflexion sur l’histoire du handicap, qui se veut être un ancrage pour la constitution d’un réseau international de chercheurs sur ce thème, rarement présent en tant que tel dans les laboratoires d’histoire en France. Une première journée d’études sur l’histoire du handicap s’est tenue en février 2012, associant des collègues historiens et civilisationnistes d’ICT et d’autres chercheurs spécialistes du handicap, venus de plusieurs pays (France, Italie, Portugal, États-Unis).

Manifestations organisées par les membres de l’axe 2

L’axe 2 a organisé deux colloques récemment : « Les maux et les mots de la précarité et de l’exclusion en France au XXe siècle », 12-13 mai 2011, en cours de publication chez L’Harmattan avec le soutien de l’Association pour l’étude de l’histoire de la Sécurité sociale ; « L‘émotion de l’espace privé à m’espace public XIXe-XXIe siècles », 10-12 avril 2012.

Le Groupe (GRER) a co-organisé cinq colloques internationaux durant cette période (2008-2011) : « Guerre et race » (2008), « L’héritage de Charles Darwin dans les cultures européennes » (2009), « Visibilité / Invisibilité ethnique » (2009), « Métissages » (2011), « Penser la diversité en société » (2011) et « Identité nationale » (2012). Ces colloques ont débouché sur la publication de quatre volumes d’actes.

Publications récentes

activités scientifiques d'Aurélie Godet
[6] « ‘How Many Mardi Gras Does One Man Need? Multiple Representations of Mardi Gras in Treme », in Dominique GENDRIN, Catherine Dessinges et Shearon Roberts (dir.), HBO's Treme and Post-Katrina Catharsis: The Mediated Rebirth of a City, New York : Lexington Books (à paraître début 2017).
 
[5] « Mardi Gras Speak as a Window on New Orleans’s History of Imperfect Creolization », in Gesine MÜLLER et Ottmar ETTE (dir.), New Orleans and the Global South, Berlin, Olms-Verlag, coll. « Pointe » (à paraître en 2016).
 
[4] « When the President is the Patient : réexamen d’un tabou historiographique à partir de deux études de cas (Franklin D. Roosevelt et Ronald Reagan) », in Stanis PEREZ et Xavier LE PERSON (dir.), Pouvoir(s) de la maladie : histoire, diplomatie et regards politiques, Lyon, Jacques André (à paraître en octobre 2016). Article co-écrit avec Françoise COSTE, maître de conférences en civilisation américaine à l’Université de Toulouse Jean Jaurès.
 
[3] « ‘Playing with Race’ : mise en scène des identités raciales au carnaval de la Nouvelle-Orléans », in Michel PRUM (dir.), Race, identité et contrôle social, Paris, L’Harmattan (à paraître en novembre 2016).
 
[2] « The (Seeming) Power of (Seemingly) Leaderless Movements: The Tea Party Movement as a Case Study » in Agnès ALEXANDRE-COLLIER et François Vergniolle de Chantal (dir.), Leadership and Uncertainty Management in Politics, Londres, Palgrave Macmillan, 2015, pp. 179-200.

[1] « L’ascension et le déclin du mouvement Tea Party (2009-2013) : un défaut de leadership ? », in Outre-Terre: Revue européenne de géopolitique 38, janvier-mars 2014, pp. 106-130.

Articles dans des revues scientifiques à comité de lecture
 
[5] « Masque indien, identité noire : l’usage politique des rituels afro-indiens par la classe ouvrière afro-américaine de La Nouvelle-Orléans », Politique américaine 28 (à paraître en octobre 2016).
 
[4] « Resilient City? The 2006 Mardi Gras Celebrations and What They Tell Us About New Orleans », e-Rea (à paraître en octobre 2016)

[1] « L’ascension et le déclin du mouvement Tea Party (2009-2013) : un défaut de leadership ? », in Outre-Terre: Revue européenne de géopolitique 38, janvier-mars 2014, pp. 106-130.
 
Recensions d’ouvrages
 
[1] « Change They Can’t Believe In. The Tea Party and Reactionary Politics in America, de Christopher S. Parker et Matt A. Barreto », Revue française d’études américaines 142, 3e trimestre 2015, pp. 124-125.

 

- Maxime Boucher, La nuit carcérale, 2011

- Anna Caïozzo, Anne-Emmanuelle Demartini éd., Monstre et imaginaire social, 2008.

- André Gueslin, Mythologies de l’argent. Essai sur l’histoire des représentations  de la richesse et de la pauvreté dans la France contemporaine (XIXe-XXe s.), 2007

- André Gueslin, Les sources historiques des Caisses d’épargne, 2007

- Arnaud Passalacqua, L’autobus et Paris au XXe siècle, 2011

- Thierry Pastorello, Les homosexuels en France de 1750 à 1850 : Sodome à Paris, 2011

- Michel Prum, La Fabrique de la race, Paris, 2007.

- Michel Prum, La Variation des animaux et des plantes à l’état domestique, 2008

- Michel Prum (éd.), L’Origine des espèces, 2009

- Florence Binard et Michel Prum, Ces hommes qui épousèrent la cause des femmes, dix pionniers britanniques, 2011

- Michel Prum (éd.), Journal de bord [Diary] du voyage du Beagle (1831-1836), 2011.

- Vincent Tournié, Épargne et crises politiques en France au XXe siècle, 2011

Activités d'accueil

Thèses soutenues

- Thierry Pastorello (2009), Les homosexuels en France de 1750 à 1850 : Sodome à Paris (dir. A. Gueslin)    

- Arnaud Passalacqua (2009), L’autobus et Paris au XXe siècle (dir. A. Gueslin)          

- Vincent Tournié (2009), Épargne et crises politiques en France au XXe siècle (dir. A. Gueslin)        

- Maxime Boucher (2010), La nuit carcérale (France depuis 1945) (dir. A. Gueslin)    

- Alexandrine Guyard-Nedelec (2010), Les discriminations croisées à l’encontre des femmes juges et avocates en Angleterre (dir M. Prum)

- Nadia Vargaftig (2011), Les expositions coloniales au Portugal et en Italie dans l’entre-deux-guerres (dir. A. Gueslin)           

- Pascal Bousseyroux (2011), Robert Garric, éducateur du social (dir. A. Gueslin)      

- Séverine de Coninck (2011), Histoire et anthropologie du livret de Caisse d’épargne (dir. A. Gueslin)

- Piétu Delphine (2016), « Goss’s de la ru’, goss’s du pavé ». Les enfants et les adolescents des milieux populaires dans l’espace public parisien (1882-début
des années 1960), (dir. A. Gueslin)

HDR soutenues

- J.M. Wiscart (2008), Les Mahieu d’Armentières (1832-1938) publiée chez Artois presse Université en 2010 (dir. A. Gueslin)

- Timothy Whitton (2010), « Du concept de pauvreté au concept d'exclusion : mutations et digressions de la rhétorique » (dir. M. Prum),

- Karin Fischer (2011), « Politiques éducatives, représentations identitaires et citoyenneté en Irlande : héritages historiques, enjeux contemporains ‒ du particulier à l’universel » (dir. M. Prum),  

Sous la même direction, deux soutenances de HDR (John Mullen et Matthew Graves) sont prévues à l’automne 2012        

Séminaires

Séminaire du Groupe de Recherche sur l’Eugénisme et le Racisme (GRER), publiés sous la direction de Michel Prum: Race et corps dans l’aire anglophone, (2008), Ethnicité et eugénisme (2009), La Place de l’Autre (2010), Sexe, race et mixité dans l’aire anglophone (2011).

Programme 2016-2017 du séminaire du GRER ici

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